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Résidences
artistiques, installations multimédias, programmes
d'images hybrides ou expérimentales, sélection
de courts-métrages de fiction ou d'animation, création
de musiques de films… En deux jours, que d'actions
présentées ! Que d'échanges, de discussions,
de contacts noués aussi : plus de 80 personnes
ont parlé, écouté, débattu,
ensemble, autour des enjeux actuels d'une sensibilisation
à la création cinématographique,
audiovisuelle ou multimédia. D'où il ressort
un principe qui paraît fondamental : l'accompagnement
des jeunes vers les œuvres – ou réciproquement.
Les expériences présentées pendant
ces rencontres semblent tendre vers un même objectif
: rendre les enfants ou adolescents actifs face aux images
qu'ils voient – précisément les faire
passer du "voir" au "regarder". Pour
cela on ne peut se contenter (ce qui pourtant est déjà
beaucoup) de soumettre à leur regard des images
qu'ils ne vont pas voir spontanément ; il est nécessaire
de penser une action de médiation, de mise en relation
entre les jeunes et l'œuvre proposée. Dans
les actions évoquées à Alès,
cette médiation repose sur l'échange avec
quelqu'un qui, d'une façon ou d'une autre, travaille
l'image : cinéaste, artiste multimédia,
technicien, scénariste, responsable d'un lieu de
diffusion, musicien, universitaire… Il faut ici
insister sur le sens propre, fort du mot "échange"
: l'artiste multimédia qui investit différents
lieux d'un territoire, l'intervenant qui présente
des films expérimentaux à des lycéens,
la cinéaste qui accompagne une sélection
de courts-métrages, tous prennent en compte le
regard des participants, leur culture, leurs goûts,
pour instaurer un dialogue autour des œuvres qui
leur sont proposées. On est loin du cours magistral
; ici il est question de curiosité, de désir,
d'envie, de donner envie à ces enfants, ces adolescents,
ces adultes aussi parfois, de regarder des images qui
leur semblaient loin de leurs préoccupations ou
dont ils ne soupçonnaient pas l'existence. Cela
ne réussit pas toujours, des réticences
persistent, on ne change pas le regard de quelqu'un du
jour au lendemain – parfois même le surlendemain
rien n'a changé ; mais mises bout à bout,
et avec le temps, toutes ces actions sont peut-être
un grain de sable irritant dans les rouages trop bien
huilés des industries de l'image.
Piala Coïc
a-ba – coordinatrice du Pôle
De Frontignan
à Alès
Ces rencontres étaient organisées
dans le cadre du Pôle régional
d'éducation artistique et de formation cinéma/audiovisuel/multimédia,
dont les missions ont une dimension territoriale majeure
: veiller à ce que les expériences menées
dans tel ou tel point de la région puissent être
utiles à tous les acteurs présents sur
l'ensemble du territoire régional. L'un des objectifs
des rencontres régionales est donc que le partage
d'expériences soit ouvert à tous et c'est
pourquoi elles se déroulent chaque année
dans un lieu différent.
En 2005 le choix s'était porté sur Frontignan
la Peyrade, où la salle de cinéma et la
municipalité sont particulièrement investies
dans la sensibilisation de tous les publics au cinéma,
des tout-petits aux seniors. Cette année nous
avons eu envie de vous convier à Alès,
en lien avec le festival de Cinéma Itinérances
qui s’ouvrait le vendredi 17 mars au soir et avec
la médiathèque, en raison de
leur fort engagement dans les dispositifs Ecole et cinéma,
Collège au cinéma, Lycéens au cinéma,
Cinéville-un été au ciné...
Une autre bonne raison a présidé au choix
d’Alès. En effet, c’est le festival
Itinérances qui assure la coordination régionale
de Lycéens au cinéma qui s’est mis
en place pour la première fois cette année
en Languedoc-Roussillon. Quelques mois après
le lancement du dispositif, c’était donc
un moment propice pour tirer un premier bilan et donner
quelques perspectives d’avenir.
Rendez-vous en 2007 pour la 4ème édition
des Rencontres dans une autre ville de la région.
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Auditorium de la
médiathèque d'Alès |

Piala
Coïc - Coordinatrice
du Pôle "Image LR"
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[
lire le texte d'introduction ]
« Les arpenteurs du numérique »
l’œuvre, l’artiste, le médiateur,
le public
Un
outil, des outils, j’expérimente, je construis,
j’interagis, je partage, je crée, je suis.
Credo du numérique ? Travail de terrain des créateurs,
des médiateurs et animateurs de structures dédiées
à la création numérique délibérement
ouverts et sensibles aux nouvelles images aux nouveaux
champs de création rendus possibles par le numérique.
La culture numérique existe. Nous l’avons
expérimentée. C’est bien là
l’idée forte, celle qui rassemble, fait lien
et sens : l’expérimentation ! Car
c’est aussi de cela dont il est question au delà
des outils qui permettent de créer, de diffuser,
de montrer. C’est l’expérience humaine,
tangible, palpable, l’intervention au cœur
de l’œuvre, de sa perception à sa réception
par des publics divers. Musique, littérature, danse,
… bien des créateurs s'ouvrent à ces
nouvelles voies des possibles numériques. Aux médiateurs
d’assurer l’appréhension de l’œuvre,
au public d’oser (y) toucher et de laisser sa trace.
De Périgueux à Nantes en passant par Poitiers
nombreuses sont les expériences menées,
les publics sollicités. Travail d’équipe
entre bâtisseurs et passeurs, chaque maillon compte
pour que le courant passe.
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Jeudi
matin : table ronde
"création numérique"
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[
lire le texte d'introduction ]
Du cinéma expérimental à tout âge…
…La
preuve avec les témoignages de Caroline
Parc qui monte des programmes de courts pour
les touts petits et n’hésite pas à
leur montrer du cinéma expérimental dès
le biberon. Quant à Vanessa Ode,
elle a œuvré pour que des films « hybrides »
soient présents dans les programmes de Lycéens
au cinéma dans la région Centre.
Caroline Parc travaille sur les actions éducatives
au sein de l’association Cinémas 93, créée
en 1996, qui regroupe 20 cinémas de la Seine Saint-Denis.
Depuis 2002, elle constitue chaque année des programmes
de courts métrages à destination des touts
petits : les 2-5 ans. Le premier programme s’intitulait
« Petits et courts » composé
de films d’animation en provenance des pays de l’Est.
En 2003, l’opération est renouvelée
avec le programme « Les animés ».
Chaque programme s’accompagne d’un document
ludique avec les images des films présentés
et des jeux remis à tous les enfants qui une fois
de retour à la crèche ou à l’école
maternelle après la projection pourront travailler
dessus.
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Les images hybrides prennent la clé
des champs
Depuis
six ans, le Festival Nemo qui se tient à Paris
présente le meilleur des « nouvelles
images expérimentales ». Des œuvres
hybrides qu’il est plus difficile de découvrir
lorsqu’on habite en milieu rural. Le pari qu’ont
fait le festival Nemo et Rurart situé sur le site
d’un lycée agricole entre Niort et Poitiers,
est d’élargir le public. Et d’amener
ces images dans les lycées agricoles de trois régions :
Poitou-Charentes, Franche-Comté et Languedoc-Roussillon.
Arnaud Stines de Rurart,
qui est à la fois un espace d’art contemporain,
un espace culture multimédia (ECM) et un réseau
d’action culturelle, est convaincu du bien-fondé
de montrer des « nouvelles images expérimentales »
aux élèves des lycées agricoles.
« Il est plus facile de travailler l’éducation
à l’image à partir du cinéma
expérimental. La radicalité des images s’accompagne
de la capacité des artistes à donner des
clés pour comprendre le monde contemporain. »
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Jeudi
après-midi :
films hybrides et
jeune public
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1/ S'initier à
la programmation
« Itinéraire
d'un regard éclairé »
Des adolescents spect-acteurs font leur cinéma
Avoir
16 ou 20 ans à Prades ou à Frontignan !
Comme Claire ou Léo pouvoir pendant les vacances
se réfugier dans les salles obscures et laisser
son regard vagabonder sur la toile, apprivoiser les images,
comprendre leur défilement, surprendre leur sens
et finalement laisser émerger l'émotion
! Ou comme les jeunes du Cinémistral de Frontignan
découvrir le court-métrage, décoder
ses formes, repérer son langage et s'initier à
la programmation !
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[
interview de Sylvie Banuls ]
2/ Porter un regard
critique
Ecrits
sur l'image est un concours de critique cinématographique
proposé par le Festival Cinéma d'Alès
– Itinérances pour les collégiens
et les lycéens du Gard et de Lozère. A partir
de l'analyse filmique, il donne aux élèves
quelques pistes de réflexion sur l'image et permet
de travailler sur une expression écrite singulière
: la critique d'une œuvre. Avant la projection du
film (en 2005, La langue des papillons de José
Luis Cuerda et Mean creek de Jacob Aaron Estes), des interventions
ont lieu dans les classes sur la lecture de l'image et/ou
la rédaction d'une critique, ce qui permet notamment
d'insister sur un élément central : il ne
s'agit pas de faire une rédaction de français
ou une dissertation, mais de construire et d'organiser
son point de vue sur une œuvre. La tâche du
jury à cet égard est délicate, car
ces professionnels du cinéma et de l'écriture
doivent passer outre les fautes d'orthographe et de syntaxe
pour évaluer la richesse des idées exprimées
et la pertinence de l'argumentation (qu'elle soit positive
ou négative). Les gagnants séjournent une
semaine dans un festival de cinéma – les
heureux élus des années passées ont
ainsi pu plonger dans un bain d'animation au Festival
International du Film d'Animation à Annecy.
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3/
Mettre des films en musique
Issus de la tradition des pianistes accompagnant les films
muets au début du siècle passé, les
ciné-concerts du Philharmonique de la Roquette
revisitent ces films anciens par des compositions actuelles
originales, où s'entendent du jazz comme du classique,
de la pop comme de l'électro…
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Vendredi
matin :
atelier "s'initier à la
programmation" |
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Bilan
d'étape de Lycéens au cinéma
A l'automne 2005, la région Languedoc
Roussillon met en place une politique globale en faveur
du Cinéma de la production à la diffusion.
La convention signée avec le Ministère de
la Culture et le CNC stipule que l'éducation à
l'image sera une des priorités. Ainsi les missions
du Pôle Régional d'Education Artistique et
de Formation au Cinéma, à l'Audiovisuel
et au Multimédia sont elles consolidées
et le dispositif Lycéens au Cinéma mis en
place dans des délais records. L'objectif dès
le départ est de toucher le maximum d'établissements
mais aussi d'aborder et valoriser la production régionale.
Etant données l'étendue et la complexité
de la région (s'étendant du littoral Catalan
aux Causses) et les délais de mise en place, la
coordination régionale s'appuie sur les compétences
déjà marquées des coordinations locales
afin que dès la rentrée les films soient
programmés, les ateliers mis en place et les enseignants
formés. Le résultat est prometteur même
si quelques tracas inhérents à cette rapide
mise en route sont à déplorer. En effet,
plus de 3000 lycéens répartis sur 115 classes
de près de 40 établissements bénéficient
d'ores et déjà du dispositif ! Autre objectif
rempli, celui de la valorisation de la production régionale
avec la programmation d'un court-métrage produit
et réalisé en région.
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bilan d'étape
"Lycéens au cinéma"
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