Mercredi 18 avril 2007
Les jeunes face aux écrans : consommation, expression, création ?
Matin : Présentation d'expériences : comment intégrer les outils utilisés au quotidien par les enfants et les adolescents dans des ateliers d'expression et de création ?

Après-midi : De la connaissance des usages à l'éducation artistique : croisement d'approches théoriques et pratiques.

Jeudi 19 avril 2007
Démarches de création d'images en région
Matin : Comment initier les enfants ou les adolescents à la pratique artistique ? Quels parcours, quelles étapes mettre en place ?

Après-midi : Prolongement de la matinée.



Le pôle régional d'éducation artistique à l'image a pour fonction de favoriser la réalisation de projets de sensibilisation au cinéma, à la création vidéo, aux arts numériques. Les rencontres régionales sont à cet égard un moment fort, car elles sont l'occasion de partager avec tous les acteurs concernés en région les ressources et expériences que le pôle identifie tout au long de l'année.

Pour ce faire, les rencontres 2007 suivent deux fils conducteurs :

- L'attention portée aux pratiques des jeunes face aux écrans : les actions et réflexions présentées donneront quelques pistes à la fois pour tenir compte de cette "culture des écrans" dans les actions éducatives et pour initier les jeunes au potentiel artistique de ces nouveaux supports d'images.

- La restitution d'actions menées en Languedoc-Roussillon pour sensibiliser les jeunes au processus de création : les porteurs de projet insisteront sur les objectifs, les démarches, les parcours proposés aux enfants et aux adolescents lors de ces expériences de réalisation d'images.

Et puisque les actions d'éducation artistique reposent avant tout sur l'approche des œuvres, ces rencontres seront aussi l'occasion de découvrir quelques images issues de la création artistique contemporaine, qui pourront à leur tour – espérons-le – inspirer de nouvelles expériences pédagogiques

Piala Coïc
Languedoc-Roussillon Cinéma – coordinatrice du Pôle





Salle du Centre Rabelais
Montpellier


Comment intégrer les outils utilisés au quotidien par les enfants et les adolescents dans des ateliers d'expression et de création ?
Modérateur :
Emmanuel Vergès, directeur de l'ECM de la Friche La Belle de Mai, Marseille.

Introduction
Isabelle Breda, CLEMI.
Isabelle Breda présente les résultats d'une étude européenne (menée par le CLEMI pour la partie française) portant sur l’éducation aux médias en 2006 et effectuée auprès de 9000 jeunes Européens de 12 à 18 ans. Les objectifs de l'enquête étaient de mieux connaître la manière dont les jeunes s'approprient les médias électroniques, comment ils perçoivent leurs usages d’Internet, et d’identifier les axes de développement d'une éducation à ces médias. Cette enquête a été réalisée par des équipes de recherche spécialistes de l'éducation à l'image à travers des questionnaires et des entretiens.
On retient tout d’abord de cette étude que tous les jeunes Européens utilisent massivement Internet, particulièrement en Estonie, pays dans lequel Internet est extrêmement développé. Les usages dominants de l’Internet par les jeunes sont l’utilisation des moteurs de recherche pour aller sur des sites (raccourcis) – ils ne maîtrisent pas cependant la recherche documentaire – la messagerie instantanée, le téléchargement, l’écoute de musique, les salons de « chat » (à noter toutefois suite à l’enquête de l’an 2000 que cette pratique est en train de disparaître). Les blogs – dont l’utilisation reflète une situation européenne extrêmement diverse (7% seulement des jeunes ont un blog au Danemark) – demanderaient une étude complémentaire. Quant au téléphone mobile, les jeunes l’utilisent pour passer leurs appels directs, envoyer des SMS et MMS, jouer, surfer sur Internet plus minoritairement, transférer des photos sur leur propre blog et surtout transférer des fonds d'écran.
C’est donc la communication et l’interaction, la consommation du divertissement (beaucoup plus que la création ou le travail scolaire) qui sont au cœur des usages par les jeunes Européens des médias électroniques. Ces usages ont une influence importante sur leurs pratiques médiatiques, l’exemple le plus significatif étant celui de la télévision, qui est venue détrôner le livre. Il est néanmoins difficile pour les jeunes de mesurer leurs propres pratiques des médias, étant donné qu’ils utilisent le plus souvent de façon combinée Internet et musique, Internet et téléphone, ou encore Internet et télévision.
Une autre observation résultant de cette enquête est qu’il existe un fossé colossal entre les pratiques des médias par les jeunes à l’école et chez eux. Alors qu’ils utilisent les médias de façon massive et diverse à la maison, qu’ils échangent avec leurs parents (conversation, contrôle, aide mutuelle – surtout dans les milieux défavorisés), ce qui démontre l’importance pour eux d'être connectés avec leurs pairs ; leurs pratiques des médias à l’école ou dans les espaces publics numériques sont extrêmement faibles. De même, les échanges avec les enseignants sont très limités, les jeunes pensant pourtant que ces derniers sont compétents en la matière. Le rôle de l’école n’est-il pas d’être le lieu des premières découvertes, de l’acquisition de compétences techniques et documentaires ?
Internet ne fait pas encore assez partie du monde de l'école, qui aurait raté véritablement le virage des nouvelles technologies. L’équipement des établissements scolaires en matériel informatique est souvent limité (on compte 5 à 6 élèves par ordinateur en France), ces derniers ne sont souvent disponibles que dans des conditions et des temps limités. Par ailleurs, les enseignants montrent une certaine réticence à employer ces nouveaux médias, n'y voyant pas d'intérêt pédagogique.
L'apprentissage d’Internet se fait donc avant tout auprès des pairs, sans les adultes, par tâtonnement individuel, ce qui pose problème pour les jeunes qui sont moins curieux, moins à l'aise. Les jeunes connaissent aujourd’hui davantage de produits (tels que les téléphones portables 3G), mais apprennent-ils à réfléchir sur les enjeux de ces nouvelles technologies?
Le travail des documentalistes et des enseignants, a cependant beaucoup fait avancer la question de la véracité des informations que l’on trouve en ligne (68% des jeunes interrogés se disent vigilants). En revanche, les jeunes restent démunis, ils sont 63% à demander de l'aide pour évaluer la pertinence des informations, et 50% à douter de l'efficacité des filtres. Ils demandent à savoir trouver vite ce qu’ils cherchent, à avoir un meilleur contrôle des informations, et à connaître de bons sites Internet. Leur connaissance du droit à l’image est très floue, de même sur les interdits liés au téléchargement, du blog comme espace public (ils l'utilisent surtout comme un espace intime, privé).
Aussi, voici quelques pistes à explorer pour l'éducation aux médias par l’école : Que sont les médias électroniques pour les jeunes? Quels sont leurs besoins, leurs envies face aux médias ? Quel est le potentiel de ces médias ? Quelle est leur incidence au-delà des pratiques? L’école doit aider les jeunes à faire des choix d'usages raisonnés, qui pourraient déboucher sur la création, la participation, un travail de groupe. L’école doit penser la relation des innovations techniques avec les enjeux de notre société, afin que les jeunes puissent passer de la simple consommation à une pratique critique de ces nouveaux médias, qu’ils en aient une pratique raisonnée et autonome dans leur vie personnelle puis professionnelle.


Vous trouverez une synthèse téléchargeable de cette enquête sur le site de la CLEMI : www.clemi.org ou sur www.mediappro.org.

Présentation d'expériences: comment intégrer les outils utilisés au quotidien par les enfants et les adolescents dans des ateliers d'expression et de création ?

"Blog'n'roll", web reportage et création numérique.
Grégory Diguet, chargé de production multimédia, ECM Kawenga, Montpellier.
La structure:
L’ECM Kawenga met en œuvre de nombreuses actions pédagogiques autour de l'image sur le temps scolaire ou hors-temps scolaire, notamment des ateliers.
L’atelier:
Le projet Blog'n roll // Blog Report' s’articule autour du blog, journal personnel sur Internet. L’atelier s’est déroulé sur 4 journées pendant les petites vacances scolaires. Les jeunes pouvaient s'inscrire volontairement (en dehors des centres de loisirs ou de l'école), ce qui fait qu’il sont plus attentifs, davantage motivés, et ont déjà une pratique des outils numériques. Un des premiers constats à l’origine de cet atelier est que leur fréquentation du web est corollaire d’une certaine capacité d’analyse, que le fait de surfer sur Internet leur donne un esprit critique. Aussi, l’on peut supposer que le fait d'utiliser le blog va développer leurs capacités rédactionnelles ainsi que leurs connaissances techniques multimédia.
Les objectifs:
- accompagner les jeunes face aux écrans et aux pratiques,
- retrouver les adultes comme éducateurs,
- éveiller à une lecture objective et éclairée des outils que l'on trouve sur Internet,
- découvrir un milieu culturel, rencontrer les artistes, les producteurs et/ou les diffuseurs (le sujet étant le rock),
- les initier aux pratiques journalistiques (prises de contacts, les encourager à être autonomes, prises de notes, retranscription textuelle ou sonore (montage))
- les amener à travailler en équipe.
Les outils utilisés:
Des logiciels libres exclusivement.
Les modalités:
Des temps de discussion, et des points techniques.
Les conclusions et perspectives:
Les jeunes sont invités ultérieurement à revenir sur l'outil, étant donné qu'il est en ligne. Le bilan oral fait avec eux à l’issue de l’atelier est très positif, ils disent être vraiment éclairés pour travailler sur leur propre blog.
Cet atelier a permis en outre d’affirmer le rôle de l’Espace culture multimédia Kawenga. L’ECM doit être à l’initiative d’ateliers, car les jeunes ne viennent pas intuitivement. Par ailleurs, dans le cadre des missions d’éducation aux médias, on doit leur proposer un travail sur des contenus culturels et artistiques, à la différence des cybercafés.

"PeurS", création et mise en ligne de textes et d'images et réalisation d'une performance/lecture.
Annie Abrahams, artiste sur internet, vidéo.
L’atelier: Intitulé PeurS, ce cyber-atelier faisait l’objet d’une résidence d’artiste au sein d’un collège. Les élèves, à l’invitation du professeur d’arts plastiques, pouvaient s’y inscrire hors-temps scolaire. Une dizaine d’élèves de 12 à 16 ans ont pris part à l’atelier, qui comptait trois rencontres avec l’artiste et dont la finalisation était sous la forme d’une performance par les élèves en public. Cet atelier proposait un travail sur la peur.
Les objectifs:
- mettre les jeunes en situation de responsabilité (ils devaient assumer le projet devant leurs pairs),
- utiliser Internet comme un outil,
- ce portrait autour de l'angoisse mis en paroles permet de relativiser l'angoisse individuelle, et du coup offre de la distance par rapport à un sujet difficile à aborder.
Les modalités:
A partir d’une adresse Internet, sur laquelle était inscrite la question « C'est quoi la peur? », les élèves ont commencé à entrer des phrases eux-mêmes autour de la peur. Ils ont ensuite distribué un flyer dans leur école, dans leur village, afin de mettre tout le monde à contribution, que leur entourage participe à ce projet. Ils ont réceptionné et filtré les données, en ont fait une lecture à voix haute, puis ont travaillé sur l’image. La recherche d’images autour de la peur et la fabrication d’images eux-mêmes les ont fait réfléchir sur l’écran que l’on place entre l’image et soi-même, le filtre qui s’insère entre sa propre peur et l’image qui la représente. La performance s’est déroulée devant 300 personnes (élèves et professeurs) et a duré 40 minutes.
Les conclusions et perspectives:
L’intérêt pour l'artiste de ce type de travail est d’avoir un contact avec les jeunes, avec ce qui se passe aujourd'hui, et de sortir du travail solitaire habituel.

"L'expresso empoisonné", atelier d'écriture numérique d'un jeu interactif.
Marianne Carayon, responsable de la Cyber-base du Carré des Jalles, Saint Médard en Jalles.
La structure :
L’ECM Le Carré des Jalles, labellisé médiathèque et service culture depuis 2003, organise des spectacles, des expositions d'artistes numériques, et gère une cyber-base: recherche documentaire, consultation CD-Rom, accueil de groupes, initiations, ateliers.
L’atelier:
L’atelier L'expresso empoisonné est un projet d'expression et création numérique développé autour d’un jeu-enquête sur Internet. Les partenaires associés au projet sont "Anode et Cathode" (intervenant technique, propose des jeux en ligne), et l’Artothèque (structure qui existe depuis 1991 et qui possède un fonds d'environ 200 œuvres, prêt d'œuvres). L’atelier s’est déroulé avec une classe de CM2 de 24 élèves, sur 8 séances (dont 4 en classe) tout au long de l’année scolaire.
Les objectifs:
Il s’agit d’un premier atelier de découverte entre les professionnels et les élèves, de connaissance des œuvres et de rencontre avec l'un des artistes exposés.
Les modalités:
Les enfants devaient d’abord écrire une histoire, un scénario. Il était intéressant d'utiliser leurs connaissances des jeux à ce propos. Ils ont écrit le scénario global tous ensemble, puis ont créé des petits groupes, dont chacun avait la responsabilité d'une œuvre de l’Artothèque. Il s’agissait ensuite de définir comment les joueurs allaient trouver cette œuvre dans le jeu. Ils ont ensuite réalisé un story-board, en imaginant comment les gens allaient naviguer dans le jeu, dessiné les illustrations, travaillé sur ordinateur (ils ont décidé de toute l'interactivité du jeu, mais n'ont pas tout réalisé), enregistré des sons (les dialogues entre les personnages du jeu ainsi qu’une chanson pour le générique), ont procédé à la retouche d'images, ont choisi le titre définitif du jeu et enfin présenté le jeu à une classe de CE2 ; ce qui a permis à la fois de concrétiser leur travail, mais aussi de parrainer d’autres enfants, de se faire le médiateur d’œuvres d’art auprès d’eux. Un CD-Rom leur a été remis à l'issue du projet.
Vous pouvez retrouver le jeu en ligne sur www.anodeetcathode.net/expresso
Les conclusions et perspectives:
Les enfants ne fréquentent pas forcément la cyber-base régulièrement depuis, mais ont au moins découvert le lieu, les œuvres, et rencontré les artistes. Ce public reste difficile à fidéliser, néanmoins une jeune fille revient désormais régulièrement et crée des mini-jeux sur Flash. En outre, l’enseignante propose à présent beaucoup d’ateliers multimédia dans sa classe. L’ECM souhaite mettre en place un autre atelier basé sur la captation d'œuvres pour travailler autour de la création multimédia.

Jeu de stratégie en réseau, création de scénarios, de cartes et d'univers de jeu vidéo.
Hervé Bissonnier et Guillaume Marza, secteur multimédia, médiathèque de Saint Jean de Védas.
La structure :
Le secteur multimédia de la Médiathèque Jules Verne propose des ateliers pour enfants et adultes (majorité de retraités). Beaucoup de jeunes viennent à l'espace multimédia pour surfer sur Internet (usages principaux: messagerie instantanée, jeux en ligne ou sur CD-Rom).
L’atelier :
Il s’agit d’un atelier autour du jeu de stratégie en réseau Warcraft III - Frozen Throne, qui s’est déroulé sur 7 séances d’une heure et demie chacune le mercredi après-midi. Il s’articule autour de la création de scénarii et de cartes, et de la mise en place d’un tournoi en réseau inter-médiathèques.
Les objectifs :
- proposer un atelier à un public ciblé: les adolescents (à partir de 12 ans seulement car ces jeux restent violents),
- faire découvrir l'envers du décor d'un jeu vidéo (intérêt de le détourner, d'apporter un regard critique),
- proposer une animation avec comme accroche le jeu vidéo pour pouvoir ensuite les orienter vers d'autres projets plus culturels ou plus techniques,
- utiliser le jeu vidéo comme tremplin pour attirer les adolescents vers la lecture (acquisition de romans et de mangas adaptés du jeu vidéo),
- mettre en place un véritable climat de confiance entre les adolescents et les animateurs multimédia,
- permettre de casser l'image institutionnelle que peut représenter une structure comme une médiathèque.
Les modalités :
Chaque enfant crée sa propre carte (customisation du jeu, appropriation/détournement du jeu). Deux tournois (match aller/retour) étaient ensuite organisés. En bonus, chaque enfant est reparti avec un tee-shirt personnalisé à l'effigie du jeu, et cadeaux ont été offerts aux gagnants.
Les conclusions et perspectives :
Cet atelier est à l’origine de véritables moments d'échange et de convivialité entre les deux médiathèques, a permis aux jeunes d’effectuer des recherches documentaires sur le Moyen-Age, etc.. qui colle à l'histoire du jeu, et pourra rebondir sur d'autres ateliers (le prochain qui se déroulera en juillet, sera une recherche interactive).

De la connaissance des usages à l'éducation artistique: croisement d'approches théoriques et pratiques
Questionnements :
- Liaison des pratiques culturelles et de l'artistique (création)
- Quelle est la place des amateurs? Qui sont les artistes?

Réalisation de films avec des téléphones portables.
Benoît Labourdette, directeur artistique du Festival Pocket Film du Forum des Images.
Festival Pocket Film
8/9/10 juin 2007 au Centre Pompidou
www.festivalpocketfilms.fr

C’est la troisième année d'existence de ce festival, à l’initiative du Forum des Images de Paris. Des téléphones-caméras, qui se sont largement démocratisés en France, notamment avec l’ouverture des nouveaux réseaux 3G, émerge une nouvelle création. La volonté du festival est de s’interroger sur ce phénomène et d’y apporter une réflexion. Le principe est le suivant : des téléphones-caméras sont prêtés à des artistes différents pour tenter l'expérience artistique. Quels enjeux traversent cette création? Est-ce que les objets audiovisuels produits sont des films? Faut-il les regarder sur les téléphones portables? Sur écran? Le téléphone peut-il remplacer une caméra?
Par ailleurs, que peut apporter le téléphone portable-caméra dans la création et dans la perspective de l'éducation artistique à l'image ?
Le festival effectue un grand travail avec la presse pour relayer l'information, dans l’objectif de donner de l'importance à la manifestation et une valeur à cette image, à cette création-là. L’idée d'un jury et d’un prix au festival va dans ce sens également. A partir de 2008, le festival souhaite proposer d'autres évènements dans d'autres lieux en France, ainsi que des ateliers encadrés pendant l’évènement.
Projection du film Mammah de Louise Botkay (2006 - 8 min), étudiante à la Femis.
C’est un film très esthétique, loin d’être voyeuriste, autour de la relation à l'autre, réalisé avec cet outil du quotidien qu'est le téléphone, dans un endroit tel le hammam où il est normalement strictement interdit de filmer.
Le téléphone est un outil du quotidien, avec lequel on a la possibilité d'envoyer tout de suite les images à quelqu'un, d’avoir l'œil dans la main. En outre, la qualité de l'image évolue très vite, la barrière de la qualité de l’image n'est pas un frein à la création, aujourd'hui avec certains téléphones on obtient une image qui est 10% inférieure seulement à celle du DV. La spécificité du portable est donc plus dans la pratique que dans la technique.
Présentation de 3 courts films réalisés dans le cadre d'ateliers avec des lycées:
L’atelier : réalisation d’œuvres qui ne sont pas standard, invention de choses différentes avec cet outil qu’est le téléphone portable. Les lycéens sont allés tourner eux-mêmes, le rôle de l'animateur étant juste de les encadrer. Pour le montage, il est important d'avoir des cartes mémoires sur le téléphone et de mettre en place un certain encadrement technique. Les films ont ensuite été présentés dans le cadre du festival Pocket Films.
Les objectifs :
Permettre à l'élève d'aller au bout de la création de l'œuvre, de A à Z, leur offrir la possibilité de travailler leur propre expression, sensibilisation.
Les conclusions et perspectives :
Les jeunes peuvent s’approprier des dispositifs cinématographiques assez complexes (split-screen, etc.), s’imprégner de références et d’une culture cinématographique, par mimétisme, et engager une réelle réflexion en actes.
Projection du film Perle de Marguerite Lantz (2006 - 4 min 46).
>>Débat entre Benoît Labourdette et la salle :
Kees Baker, Institut Jean Vigo
Quelle est réellement la spécificité du téléphone portable dans la manière de filmer? N’y a-t-il pas une passerelle avec les films familiaux tournés en super 8 ou 16mm "autrefois", par ce côté intimiste ? Quel sont l’intérêt, la nouveauté dans l'utilisation du téléphone portable.
Benoît Labourdette

C'est un outil que l'on a dans la poche et que l'on peut faire sien pour créer quelque chose, ce n'est pas plus que ça. C'est ça dont il faut prendre acte. On a la possibilité à tout moment de créer une image. Il n'y a pas forcément de spécificité du téléphone, mais véritablement une pratique nouvelle.
Michèle Driguez, Cinemed
Je voudrais souligner la différence entre les projets de films présentés, celui réalisé par des lycéens et celui d’une étudiante de la Femis : ce sont deux démarches radicalement différentes, mais l'outil utilisé est le même. L'outil est toujours le même, mais la différence se place sur son utilisation. Le portable peut être un outil important dans une démarche d'éducation artistique à l'image.
Benoît Labourdette

On va vers une démocratisation des outils, la différence est certes dans l'usage et dans l'intention.
Henri Talvat, Ville de Montpellier
A mon sens, le téléphone portable induit phénomène de réduction, le petit format est synonyme de petites idées. Il n’y a pas ou peu d'exigence, on tend vers le « Happy-slapping », servant à la consommation immédiate de la violence.
Benoît Labourdette

Certes, le téléphone peut être un outil de provocation.










Isabelle Breda





























Grégory Diguet














Annie Abrahams









Marianne Carayon











Guillaume Marza




















Benoît Labourdette










Perle, de Marguerite Lantz





Croisement d'approches théoriques et pratiques.
Modératrices : Piala Coïc (Languedoc-Roussillon Cinéma) et Eléonore Mercier (ECM Kawenga)
.

Un regard sur la création artistique contemporaine intégrant ces nouveaux outils et écrans.
David-Olivier Lartigaud, membre du LAM, laboratoire des arts et des médias (Université Paris I) .
Le LAM est à l’Université Paris I, couplé avec le Master spécialisé sur les questions d'arts et nouveaux médias (initiation à des logiciels open-sources). La démarche du Master est d’avoir un regard critique sur ces logiciels et ces objets que l'on manipule pour pouvoir s'en emparer par la suite.

Quelques points de repères dans l’histoire de l’art numérique: soit les travaux intègrent une réflexion directe sur Internet ou bien ils cherchent juste à épouser la logique des moyens possibles. La logique du nouvel Internet est plus de l'ordre de la facilité que de la liberté, surtout dans l'approche créative. Elle est synonyme d'une plus grande dépendance, car il y a une absence de recul quant au contenu diffusé sur Internet. Il nous faut décoder, déconstruire ces contenus. Les quelques travaux qui vont être présentés montrent une réflexion idéale sur nos écrans, incitent à une pratique active de nos écrans :

*Travail du couple JODI (1995) qui se place sous l'angle de l'expérimentation, c’est une esthétique du bug: il s’agit de transformer le logiciel pour en obtenir autre chose, d’inviter le spectateur à se questionner sur le contenu des écrans actuels, à prendre du recul par rapport à ce que l'on regarde sur nos écrans.

*Trois collectifs d'artistes, approche "activiste du net" / « hacktivisme » :

ETOY, actifs en ligne depuis 1996 : par un emploi tactique des médias, une résistance à la logique mercantile qui fait pression sur Internet, ils invitent les spectateurs à penser le réseau autrement (exemple de prise d'otage sur les liens via les moteurs de recherche)
« Toy war » : performance à leur insu, attaque en justice par la firme de jouets E-Toy

RTMARK: Leur démarche consiste à acheter massivement des poupées Barbie et GI-Jo, changer les piles et les remettre dans les magasins, dans l’objectif de lutter contre le capitalisme galopant. Ils travaillent beaucoup sur la notion de "capital culturel" pour en faire un objet capitaliste.
www.rtmark.com

YESMEN: Ils faisaient des faux sites Internet, autour de la question de la rectification d'identité.
www.yesmen.org

*Affichage de l'information sur les pages web

« SHREDDER », Marc Nappier (1998-99) : mixe une page web et travaille sur la déconstruction du site. Il montre la plasticité des pages Internet et signifie la fragilité des informations étant donné la facilité de les déformer et de les déconstruire.

« NET-ART GENERATOR », Cornelias Solifrank (2000) : il reprend plus ou moins le même principe, œuvre critique sur le Net art lui-même, permet à d'autres artistes de travailler sur le même moteur.

*Question de la programmation sur Internet :

Travail de l'école John Maeda (a eu un célèbre laboratoire au Massachussets Institute of Techonology (MIT) dans lequel il a formé des étudiants dans l'approche graphique de la programmation web). Il récupère les fichiers post-script qui sont transmis aux imprimantes, détourne les images lancées dans l'imprimante (idée de « bug maîtrisé »). Il est l’inventeur d'un langage de programmation.

« DAILTONE », Golan Levin : compose une symphonie à partir des sonneries des téléphones portables des gens qui sont dans la salle, c’est un défi technique intéressant. Il appelle à la réflexion sur le nouveau paysage sonore qui se dessine autour de nous.
Langage de programmation PROCESSING (logiciel à télécharger gratuitement sur Internet) : idée de simplifier la vie aux graphistes, logiciel alternatif pour faire des images interactives et génératives intéressantes, mettre ce logiciel gratuit à la disposition d'une communauté. Ce logiciel permet de créer des œuvres, des installations, de monter des dispositifs, de se rappeler ce qu'il y a derrière les images (compression, codage, etc).

Christophe Bruno, artiste français
« Selfportrait » (2002) : œuvre construite à partir de l'ego-surf (quand on tape dans Google son nom pour voir combien de personnes s'appellent comme nous),
« Google adwords happening » (2002) : détournement poétique des publicités que propose Google sur les sites (conflit entre l'artiste et Google, a abouti à un tableau récapitulant le prix des mots selon Google),
« Dreamlogs » (2004) : possibilité de créer un blog avec du contenu, qui semble cohérent mais qui est construit à partir de liens qui sont pris au hasard sur le net,
« Logo Hallucination » : retrouve les logos des grandes marques dans des photos ou des peintures, réflexion sur l'invasion des marques, des logos, sur les droits d'auteur.

Nicolas Frespech, « Echoppe photographique » : blog dans lequel on lui fait des commandes de photos.

*Idée de flux :

ASCII Art-Ensemble
Idée de refaire toute l'histoire du cinéma, du Cuirassé Potemkine en passant par King Kong, etc. en caractères ASCII, qui est un fichier texte que l'on peut ouvrir dans Word. C’est une autre manière de faire de l'image sur le net.

CARNIVORE
Logiciel espion du FBI qui scanne les entrées/sorties des ordinateurs pour pouvoir récupérer des informations, permet de faire une customisation de vos idées à partir des sites visités.

Reynald Drouin, « Trace of conspiracy »
Il travaille à partir d’une image hébergée sur 192 sites et l'image disparaît au fur et à mesure que les sites se ferment, que les internautes les désaffectent. Autour de la décomposition de l'image Internet.

*Détournement des jeux vidéo :

VELVET STRIKE : performance artistique


Exemple d'un atelier blog au lycée de Tarascon.
Xavier Leton, artiste.
L’atelier : Atelier blog au Lycée de Tarascon. S’est déroulé sur 30 jours.

Les objectifs :
Apprendre aux élèves ce qu’est un blog, les usages que l’on peut en avoir dans un lycée. L’idée étant de leur faire développer le processus, plus que d’obtenir réellement un résultat, de faire une œuvre collective (alors que le blog est d'habitude un objet individuel), de grouper des expériences autour d'une technique.
Les modalités :
Il s’agissait d’une proposition d'un point de vue critique par rapport à l'enseignement, au lieu de vie qu'est le lycée, etc. Les élèves ont utilisé un appareil photo, une caméra, un micro /et ont eu une journée de cours pour saisir ce qui les intéressait.
Les conclusions et perspectives :
Les élèves ont réussi à défendre un point de vue critique sur le lieu qui les entoure, un point de vue très humain sur les enseignants. On se rend compte à travers leur blog que le lycée est pour eux un vrai lieu de vie. Ils n’avaient pas l’idée au préalable de faire une œuvre artistique, qui aurait nécessité plus de temps, de recherche.
Le blog est un moyen de lier différents médias entre eux, d’aborder un outil qui est le flash, assez intuitif dans la construction de l'animation des pages. La notion d'auteur, d'œuvre d'art est complètement revisitée par le net, nous touchons là au « nomadisme culturel ». Il se révèle intéressant de reprendre un processus collectif sans se soucier des contraintes commerciales et temporelles autour de l'œuvre.
Une des conditions du travail indispensable avec les enfants est la lisibilité de chaque opération.
Ces ateliers posent la question de la place et du rôle de l’artiste : est-il un animateur, une personne encadrant, doit-il partager son regard artistique ? Il n’est pas un pédagogue, pas un professeur d'arts plastiques. Il a une position fantastique car il peut émettre toutes les idées, les soumettre, etc


L'éducation permanente à l'ECM de la Friche.
Claire Duport, sociologue.
Les structures : ECM La Belle de Mai / Radio Grenouille / Euphonia (enregistrement sonore) / Festival Arborescences, travaillent ensemble dans une volonté de partage des savoirs. L’espace ouvert d’éducation permanente est un lieu d’échanges. Des ateliers, des évènements, des discussions, des temps de débat, des formations, etc. permettent à tous les publics d'accéder au contenu des médias.
L’ECM mène une mission de service public, en favorisant la démocratisation de l'accès aux outils et aux contenus. Dans ces lieux, ces dernières années, le public a beaucoup changé, les gens ne viennent plus uniquement pour avoir accès aux équipements Internet. Ils sont en demande de socialisation, de convivialité, et d’apprentissage sur les contenus (loisirs, semi-professionnel), d’un accompagnement à la critique des médias.
Certains viennent avec des projets, des contenus et cherchent alors des informations techniques auprès des artistes, des techniciens, des professionnels de l'image et du son, afin de développer une activité au travers de leur projet



Performance audiovisuelle.
REP et AmbiteknomüsiK, artistes .










David-Olivier Lartigaud


















































Xavier Leton














Claire Duport
2ème à partir de la gauche









Quels parcours, quelles étapes mettre en place ?

Jouet optique et ateliers cinéma dans les écoles de Lozère
Florence L'Huillier et Mickaël Courbassier, Cinéco.
Cinéco est une association loi 1901 qui existe depuis plus de 20 ans, un cinéma art et essai itinérant en milieu rural, qui propose la diffusion de films en 35mm toute l'année (3 films par mois dans une quinzaine de villages). Quarante bénévoles actifs élaborent la programmation en choisissant les films par un système de vote et assurent la majorité des séances. Une seconde programmation est prise en charge par des jeunes de Saint-Jean du Gard. Les adolescents choisissent leurs films (3 films diffusés une fois par mois), apprennent à projeter un film, à programmer des séances. L’objectif est aussi de générer des bénéfices pour qu'un petit groupe puisse aller au Festival de Cannes chaque année.
L’association organise par ailleurs le festival Ciném’ados sur trois jours, ainsi que des projections itinérantes de films pour les enfants (4 films par an programmés hors cadre du dispositif Ecole et cinéma) et des ateliers
>>Débat avec la salle :
Priscilla Schneider, Directrice Cinémistral
Comment travaillez-vous avec les adolescents sur l'atelier de programmation?
Cinéco
On fait un véritable travail et suivi avec le centre socio-culturel de Saint-Jean du Gard.
Priscilla Schneider, Directrice Cinémistral
Quel est le sens de votre résistance à ne pas intégrer le dispositif Ecole et cinéma?
Cinéco
C’est essentiellement une question de tarification, s’agissant en Lozère de petites écoles, les frais de transports entre l’école et les cinémas sont plus élevés que la place elle-même. L'objectif, même en étant déficitaire, est que tous les enfants du Sud-Lozère puissent bénéficier de ces projections et des animations que nous organisons autour.


"Nature sensible", réalisation de sténopés dans le cadre des résidences d'artistes en lycées agricoles du Languedoc-Roussillon.
Bastien Defives, photographe, Collectif Transit et Pierre-Loïc Aubert, enseignant au lycée agricole de Pézenas.
L’atelier :
Nature sensible est la réalisation de sténopés dans le cadre d’une résidences d'artistes dans les lycées agricoles du Languedoc-Roussillon. La forme de la résidence d’artiste au sein du lycée permet une présence et une rencontre très privilégiée d’un artiste avec les élèves.
Rappel : On compte 12 lycées agricoles en Languedoc-Roussillon, et 1 lycée agricole privé pour 1 public en France. Les résidences d'artistes peuvent exister dans les lycées agricoles, car il y a des professeurs d'enseignement socioculturel (18 heures), qui ont de surcroît plus de facilités pour monter des projets que les enseignants des lycées d'enseignement général.
On trouve deux types de formations dans les lycées agricoles: les formations professionnelles et les formations technologiques. Certaines filières proposent des modules d'éducation à l'image. De 300 à 400 heures d'ateliers au sein des lycées agricoles sont financés par la DRAC dans la région Languedoc-Roussillon.
Les résidences d'artistes s’y déroulent depuis 3/4 ans, notamment autour de la vidéo, du son et en 2006 sur la thématique de la nature sensible: 8 lycées agricoles de la région y ont participé. Une proposition a été faite à des artistes de venir dans les lycées pendant 8 semaines, de s’approprier ce cadre pour réaliser leur(s) œuvre(s), de mettre en place des face à face avec les élèves, ainsi que des ateliers de 50 heures. Les artistes bénéficient d’une bourse d'aide de 3000 euros.
Un CD-Rom présentant chaque projet a été réalisé pour garder une trace de ce qui a été fait :
Projet 2005: Lycée Agropolis (Montpellier), création sonore Marco Marini, Du plaisir qui coule, œuvre acoustique réalisée dans une exploitation viticole.
Projet 2006: Lycée de La Canourgue, création Christophe Gonnet, plasticien paysagiste, Nous sommes ici, anamorphose sur les terrasses en pierres du lycée.
Projet 2007 : Lycée de Pézenas, Bastien Defives, ateliers autour des sténopés mis en relation avec un travail sur le roman-photo mené par la classe de terminale ainsi qu’une résidence de 6 semaines. Le travail s’est prolongé ensuite avec d'autres ateliers, d'autres actions menées par les enseignants et les élèves sur la base des travaux obtenus suite à la résidence.
Les objectifs :
- réussir à produire une image avec une boîte que l'on récupère, on met un film ou un papier à l'intérieur de la boîte, on sort, on fait une photo et on voit le résultat,
- montrer aux élèves qu'il n'y a pas de recette toute prête pour faire des images, qu'il faut essayer plusieurs procédés,
- produire aussi un travail personnel autour du sténopé (a surtout développé un outil, par exemple un sténopé à quatre trous et focales variables), idée de mettre en rapport différents éléments du paysage plus ou moins influencés par l'humain.
Les modalités :
Travail avec 4 classes, le mercredi. Aménagement d’un labo dans une salle de classe. L’idée principale était de faire faire aux jeunes les boîtes eux-mêmes, mais cela s'est révélé relativement difficile. Les élèves semblaient plutôt réticents au départ, mais les ateliers ont été assez formateurs et leur ont permis de comprendre la manière dont on voit le monde. L’intérêt de ce travail est que les élèves ont la possibilité de développer les photos tout de suite après les avoir prises ; et permet également d’effectuer un travail sur le négatif, ce qui est extrêmement déroutant pour les élèves (en ce qui concerne le passage du négatif au positif via le laboratoire ou des photocopieuses). Ils ont fait preuve d’un réel intérêt à travailler sur la disparition de l'image. Toutefois, ça reste très compliqué de travailler avec de la pellicule avec les élèves, et ça peut prendre jusqu’à cinquante minutes pour faire une photo avec les sténopés.
Les conclusions et perspectives :
A noter une bonne réception par les élèves de ce travail très abstrait, car ce sont eux qui ont fait les images. A la fin du projet, les élèves ont organisé le montage d'une exposition présentant les photos réalisées au sein du lycée. Cependant, l’artiste n’a pas pu, faute de temps ou en raison d’un accompagnement trop interventionniste, amener les élèves à développer leur propre réflexion autour du cadrage et de l'image


"Mystérieuse disparition au cinéma Le Casino", atelier vidéo numérique hors temps scolaire avec des pré-adolescents, dans le cadre de Passeurs d'images à Bagnols-sur-Cèze.
Julie Jourdan, auteure multimédia.
L’atelier : Atelier vidéo numérique hors temps scolaire organisé dans le cadre de Passeurs d'images (Cinéville – Un été au ciné) à Bagnols-sur-Cèze en 2006. Réalisation d’un film intitulé Mystérieuse disparition au cinéma Le Casino. Julie Jourdan travaille sur des sites Internet, des modules multimédia, sur l’intégration du son sur des CD-Rom, fait des montages vidéos, etc. Elle note que la collaboration avec Languedoc-Roussillon Cinéma et l’ECM Kawenga l’aide beaucoup à aller vers les médiathèques, les associations, etc. vers lesquels elle n’irait pas d’elle-même.
Les objectifs :
Donner aux enfants une certaine méfiance, un regard quant à l'interprétation des images diffusées lors des journaux télévisés.
Ce type d'actions est souvent rendu possible grâce à l'implication des équipes enseignantes, des médiathèques, de la municipalité, des organismes sociaux, etc.
Les modalités :
3 jours pendant les vacances scolaires, à destination des 8-14 ans. Travail autour des bâtiments de la ville de Bagnols-sur-Cèze, Julie Jourdan a proposé à la municipalité de travailler sur le cinéma, notamment autour du fait divers.
L’idée était de leur faire appréhender les conditions de travail autour du journal télévisé en traitant un sujet commun : la disparition du projectionniste du cinéma municipal. En cela, l’artiste a proposé des images réalisées au préalable avec un appareil photo numérique. L’équipe a installé un studio au sein de la médiathèque.
Par groupe de deux, les jeunes ont réalisé des vidéos différentes à partir des mêmes images. La journée a ensuite été consacrée à l'écriture, le second jour à l’enregistrement des textes et aux prises de son en studio (en direct avec l'appareil photo numérique), et enfin le montage son puis vidéo a eu lieu le troisième jour. Tous les enfants ont terminé dans les temps.
Les conclusions et perspectives :
La présentation des vidéos au sein de la médiathèque, la projection publique est très importante pour que les enfants prennent conscience de leurs capacités, qu’ils puissent valoriser leur travail de création, qui passe par des phases de doute importantes. Les enfants ont beaucoup de mal à identifier leur propre travail



"Les revenants", atelier vidéo et théâtre au collège de Saint Paul de Fenouillet.
Jean-Pierre Bellay, Cinémaginaire, Olivier Gineste, enseignant de lettres, Roger Payrot, intervenant théâtre.
L’atelier : atelier vidéo et théâtre au collège de Saint Paul de Fenouillet. Expérience singulière, sur toute une année. Réalisation d’un film intitulé Les revenants.
Les modalités :
Elèves non-captifs, volontaires. L’évolution dans le temps du projet leur a permis de se raconter eux-mêmes à travers le film. L’atelier avait lieu 2 à 3 heures par semaine, les premiers plans ayant été tournés en janvier.
Les conclusions et perspectives :
Ce type d’atelier sur le long terme traduit un engagement très fort des élèves dans le projet, et permet d’élargir leur horizon culturel, notamment à travers la complémentarité des intervenants et des points de vue. Le film a été projeté lors de la grande fête de fin d'année des collèges et lycées
>>Débat avec la salle :
Intervention de la salle
Quelle était l'implication des élèves au niveau de la réalisation?
Olivier Gineste
Tout dépend de la volonté de l'élève, ils sont invités à venir proposer à tour de rôle leur propre cadrage, qui sont souvent sujets à discussion. Ils ont été impliqués sans arrêt, de l'écriture du projet au montage. Chaque projet est financé en partie par la DRAC et l'Education nationale, ainsi que par les établissements scolaires eux-mêmes.



"Tableaux interactifs", atelier multimédia mené par Laurent Mabed, artiste plasticien et Jean-Claude Pieri, concepteur multimédia, avec des enfants pendant les vacances, sur le Causse Méjean.
Atelier Valentine Letendre, ECM La Draille.
L’atelier : Il s’agit du premier atelier organisé depuis l’obtention du label ECM en 2005. L’idée est de travailler avec un artiste qui vient plutôt de l'art brut, de mettre en place un atelier de création de tableaux interactifs, atelier multimédia sur lequel les enfants peuvent participer.
Les modalités :
5-11 ans, 7 enfants, 4 jours, 4 intervenants.
Réalisation de deux tableaux interactifs, à partir de mosaïques et de différentes matières. Travail sur flash, réflexion sur les actions des personnages. Rencontre avec l'artiste, découverte des matières à travailler (attirance au niveau plastique), sachant que les enfants n'ont pas travaillé sur l'interactivité, ceci étant trop compliqué.
Une exposition des tableaux réalisés dans l'ECM a ensuite été proposée.


"Le mystère du calvaire", atelier vidéo et cinéma pendant les vacances, avec des pré-adolescents.
Eric Sinatora, Le Graph, Carcassonne, Zoé Lienard, réalisatrice.
La structure :
Le Graph est une association loi 1901, qui existe depuis 20 ans. Groupe de recherche et d'animation photographique, l’association a pour mission de développer des projets pédagogiques et sociaux à partir d'une programmation de qualité visant à montrer la place de l'image dans l'art contemporain.
Le Graph a plusieurs partenaires : le Centre méditerranéen de l'image (qui organise des expositions, des résidences, effectue un travail avec les écoles, les élèves de l'IUFM de Carcassonne), les Rencontres photographiques à Carcassonne (qui ont lieu tous les ans depuis les années 1980), l’Ecole municipale de photographie.
De nombreux projets pédagogiques et sociaux découlent de la programmation : interventions sur la formation des animateurs qui souhaitent utiliser la photo et la vidéo dans leurs activités, projets de lutte contre l'exclusion, collectif de femmes gitanes, interventions en milieu psychiatrique, milieu carcéral, etc.
L’atelier : atelier vidéo et cinéma pendant les vacances, réalisation d’un film intitulé Le mystère du calvaire. L’atelier s'inscrit dans le dispositif Pass'sports, qui s'adresse à des jeunes hors temps scolaire, les "non-organisés", qui ne sont pas dans des centres de loisirs, qui ne partent pas en vacances. Les jeunes qui souhaitent continuer à venir sur les ateliers le reste de l'année ont la possibilité de bénéficier d’un tarif préférentiel.
Les objectifs :
- sensibilisation à une pratique artistique,
- présentation de leur travail dans le cadre du festival Regards jeunes sur la cité à Paris,
- rencontre avec les artistes.
Les modalités :
Atelier d'une semaine avec 4 enfants de 10 à 13 ans.
Travail de création par les photographes du Graph autour d'un calvaire, dans la ville basse de Carcassonne, fermé au public depuis 10 ans et actuellement en cours de restauration. L’idée est que les enfants s'approprient les lieux, et puissent ensuite présenter leur création dans le cadre des journées du patrimoine à l'hôtel de ville de Carcassonne.
L’atelier leur permet de travailler sur toutes les étapes de création d'un film, d’allier théorie et pratique. La première journée est axée sur l'initiation vidéo (Qui travaille sur un film? Quel matériel on a pour réaliser un film?…), sur les règles cinématographiques tout en alliant la pratique (utilisation des codes du film noir, fantastique). Vient ensuite l’écriture du scénario, la visite du calvaire de Carcassonne qui leur permettra de créer un imaginaire à partir d'un lieu, de créer des effets et une atmosphère à partir des outils cinématographiques (exemple du générique monté à l'envers pour l'inscription du titre du film).
L’atelier se termine par le travail de montage, par un système de transparence très artisanal (la séquence est tournée deux fois, et l’on ne garde qu'une partie de la première image pour la mettre en surimpression sur la seconde).
Le budget de l’opération correspond à un mois de travail saisonnier auprès des services Jeunesse et sports pour rémunérer l'intervenante, ainsi qu’un complément dans le cadre du dispositif Pass'Sports


"Le cinéma, cent ans de jeunesse", ateliers cinéma avec une classe de CE2 de Bompas et une 6ème de Perpignan.
Pascal Malia, vidéaste et Kees Bakker, Cinémathèque euro-régionale - Institut Jean Vigo, Christian Assalit, professeur des écoles.
La structure :
La Cinémathèque euro-régionale Institut Jean Vigo a une longue histoire, c’est un ciné-club, un festival, des colloques annuels, des publications, des archives film et non-film, des expositions pédagogiques sur la base des collections.
L’atelier :
Les ateliers de cinéma avec une classe de CE2 de Bompas et une 6ème de Perpignan se sont déroulés dans le cadre de Le cinéma, cent ans de jeunesse. L’Institut Jean Vigo y participe depuis deux ans. Le cinéma, cent ans de jeunesse est un projet lancé par la Cinémathèque française, dans l’idée d’organiser des ateliers réunissant un partenaire culturel, un intervenant professionnel et les enseignants/classes collèges-lycées autour d’une thématique cinématographique. L’atelier se déroule sur toute une année scolaire (50 heures sur l'année), commence avec deux journées de formation pour les enseignants et les intervenants professionnels à la Cinémathèque française à Paris.
L’atelier de cette année aborde la thématique « rapport figure / fond », à travers laquelle on peut aborder les effets émotionnels, esthétiques, en prenant des exemples dans l'histoire du cinéma. Outre les exercices, les élèves ont pu visiter le musée du cinéma de Gérone. L’atelier a été ponctué de bilans d'étape, qui permettent d'échanger sur les expériences de chacun.
Chaque participant avait la possibilité de suivre le déroulement de ces exercices sur Internet, à travers un blog, et des carnets de bord disponibles pour chaque classe. Il faut souligner l’énorme travail effectué par l'enseignant au-delà du quota d'heures des exercices.
Les objectifs:
Ces ateliers permettent de plonger les enfants dans une notion cinématographique très pointue dans laquelle ils peuvent néanmoins se retrouver. Il s’agit d’un travail de mise en mots, d’acquisition de vocabulaire, d’appropriation de mots techniques, et d’un véritable travail d'écriture.
Les modalités :
La mise en place de l’atelier est très cadrée dans le déroulement des étapes imposées par la Cinémathèque française, qui envoie un DVD où sont regroupés des extraits cinématographiques sur ce thème. Le 1er exercice consiste à faire des photos (« moi dans le monde » et « moi dans mon monde »). Le 2ème exercice est un travail en vidéo, une situation / une séquence (« B regarde A », « C vient chercher B et s'en va »). Ce travail permet :
- un apprentissage de l'image
- une initiation à l'histoire du cinéma
- d’intégrer des notions techniques (net/flou...)
Ce travail s’effectue par groupes de 4 enfants. Tous sont passés derrière la caméra, à la prise de son, par contre ils ont pris le parti de conserver les mêmes acteurs pour chaque séquence pour bien montrer que si le fond change, les situations ne sont pas les mêmes.
Enfin, le 3ème exercice est basé sur 3 séquences apparition/disparition de minimum 6 minutes, maximum 12 minutes.
Leur travail sera projeté à Paris à la Cinémathèque. De plus, une rencontre à l'Institut Jean Vigo avec Docs aux sels a été organisée pour permettre aux différentes classes de se rencontrer.
L’atelier est réalisé dans le cadre du Pôle régional d'éducation artistique à l'image, subventionné par la DRAC Languedoc-Roussillon, le Conseil Régional Languedoc-Roussillon, ce qui représente environ 10 000 euros pour deux classes tout compris
>>Débat avec la salle :
Intervention du public
Ce type de projet issu d'une commande n'intègre absolument pas un projet d'enfant, ces exercices de grammaire pour apprendre à écrire ne sont pas forcément la meilleure manière d'apprendre l'image
Réponse des intervenants
Cependant, c’est une approche complémentaire à une réelle expérimentation d’une projet artistique, l'une n'excluant pas l'autre, les enfants découvrent comment fonctionne le cinéma. On impose des contraintes pour venir justement à un langage cinématographique.


"L'image et la danse", travail sur l'image des élèves danseurs du lycée Jean Monnet de Montpellier.
Francine Carrascosa et Yves Massarotto, enseignants.
L’action :
Travail sur l'image des élèves du Bac L Option danse du Lycée Jean Monnet de Montpellier. L’enseignement de la danse propose de faire le lien entre la théorie et la pratique, d’interroger les autres champs artistiques et enfin d’intégrer l'image dans le travail chorégraphique. L'enseignement permet d’interroger l’image partie prenante de la danse, l'image dans le processus de composition de l'objet chorégraphique, l'image dans le processus de représentation, l'image de danse hors de la danse (exemple du film Parle avec elle d'Almodovar sur le travail de Pina Bausch), l'image projetée en fond de scène comme sur un écran de cinéma, véritable élément scénographique apportant un élément visuel dans lequel la danse s'inscrit et interagit.
Les modalités :
Dans leur travail, les élèves doivent s’interroger sur le rapport entre l’image et le processus de création/représentation, les dispositifs scéniques, la relation danse et image, la référence à des œuvres chorégraphiques existantes. Une représentation sera ensuite proposée devant un public.
Les objectifs :
Interroger l'image dans le processus de composition (performance et écriture), questionner la notion de performance, de la captation vidéo utilisée dans le processus de création de la danse. L'image peut être utilisée en tant qu'installation plastique (image sur scène en même temps que l'installation chorégraphique, participe de la scénographie, elle structure l'espace dans lequel la danse aura lieu, sous forme d'image projetée ou fixe, installée sur des panneaux, des supports à différents endroits du plateau).







Mickaël Courbassier et Florence L'Huillier














Pierre-Loïc Aubert et Bastien Defives



























Julie Jourdan

















Olivier Gineste, Roger Payrot et Jean-Pierre Bellay





Valentine Letendre










Zoé Lienard et Eric Sinatora




Zoé Lienard












Pascal Malia et Kees Bakker





























Francine Carrascosa


Yves Massarotto

"Rencontres organisées par Languedoc-Roussillon Cinéma et l'ECM Kawenga, en partenariat avec la Cinémathèque euro-régionale - Institut Jean Vigo et le Festival International du Cinéma Méditerranéen.